Laisser parler ce qui bouillonne en soi

Laisser parler ce qui bouillonne en soi

1 octobre 2026

Votre livre À table avec la Bible est sorti le 4 octobre 2024 et a déjà été vendu à plus de 1500 exemplaires. Il a rencontré un vrai public, sensible à cette manière originale de faire dialoguer cuisine et textes bibliques. Vous êtes une personne aux multiples facettes passionnée, engagée, curieuse et ce livre semble en être une belle synthèse.

1. Dans À table avec la Bible, vous proposez une rencontre très originale entre cuisine et textes bibliques. D’où est née cette idée, et à quel moment avez-vous senti qu’elle pouvait toucher un public ?

Faire la cuisine a pris une jolie place dans mon quotidien depuis quelques années. C’est un lieu de plaisir, de déconnexion, de création. La Bible aussi naturellement, depuis toujours, avec un père pasteur… et moi qui le suis aussi devenu. Mais mon ministère a évolué au fil des ans et aujourd’hui tous mes engagements cherchent à faire passerelle entre culture et foi. C’est ainsi que cuisine et Bible se sont retrouvés connectés. Alors, il fallait évidemment un lien pour le permettre et c’est en pensant à la question des émotions que le déclic s’est fait. Pour chaque livre de la Bible je laisse parler mes émotions face au texte… et cette émotion qui jaillit et celle qui aussi répond à une recette de cuisine. Nourriture, spiritualité, émotions… c’est un cocktail universel qui nous rejoint tous d’une manière ou d’une autre. Et très vite, lors des premières signatures, j’ai pu le constater et sentir que la mayonnaise avait pris !

2. Votre livre rend la Bible très concrète, presque “à portée de main”, à travers les recettes et les menus. Est-ce que c’était une manière pour vous de rendre ces textes plus accessibles, plus vivants pour aujourd’hui ?

Oui c’est un peu ça l’idée. Quand je parle de passerelle entre culture et foi, nous sommes précisément dans cet enjeu-là. Et c’est aussi ce qui m’est dit par de nombreuses personnes qui ont lu le livre puis l’achètent pour l’offrir à quelqu’un de leur famille, des amis ou collègues souvent loin de l’expérience de la Bible et de Dieu. C’est un autre chemin offert en quelque sorte. Le prochain livre ira d'ailleurs encore plus dans cette direction, en rendant “vivant” des histoires anciennes et en cherchant à actualiser les repas de la Bible s’ils se déroulaient aujourd'hui.

3. Le premier tome a rencontré un vrai succès et vous vous êtes entouré de Meilleurs Ouvriers de France et experts culinaires. Qu’est-ce que ces collaborations ont apporté au projet ? Et pour le tome 2 à paraître, qu’est-ce qui sera différent ou nouveau, tant dans les recettes que dans les rencontres ?

Si il y a toute cette dimension spirituelle que je viens d’évoquer, À table avec la Bible est également un vrai livre de cuisine, de recettes. Je ne suis personnellement pas un “chef”. J’aime cuisiner et il semblerait que je le fasse plutôt bien d’après ce que l’on me dit. Mais il était important pour moi d’avoir des professionnels à mes côtés qui apportent une forme d’expertise, de garantie. Je dînerai avec toi, le prochain, ne sera pas un tome 2 mais un prolongement , un autre voyage culinaire et spirituel. Je travaille cette fois-ci à 4 mains avec un artiste des mots et de l’image, Vincent Smetana. 40 repas sont tirés du texte biblique et Vincent laisse parler son imagination en proposant une chronique poétique, vivante, drôle et profonde. Moi je cuisine en imaginant que ces repas soient servis aujourd’hui, avec les mêmes enjeux, et que la responsabilité me revenait de proposer et préparer le menu, tout ça au cœur du bassin Méditérannéen. Je donne aussi à réfléchir textuellement sur la place du repas dans la Bible, dans la société, la culture et dans nos vie personnelles. C’est fou de voir combien le repas est au cœur de l’existence humaine ! Et tout ça se traduit aussi en photos proposées non comme des images de plats que nous n’arrivons jamais à reproduire mais comme une expérience de préparation et de partage. L’autre plus, par rapport au premier, est que tout ça va se traduire aussi sous la forme de propositions d’outils multiples pour augmenter l’expérience collective : une exposition photo avec guide-audio, un spectacle “deux en scène”, des ateliers d’écriture et de cuisine, des conférences… 

4. Vous êtes musicien, homme de radio, critique de cinéma… autant d’univers très différents. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce qui relie toutes ces facettes de votre vie et de votre travail ?

C’est, je pense, le sens de la création et du partage. Et le fait que rien ne soit déconnecté. Il y a aussi un besoin d’authenticité fondamental pour moi. Je ne cherche pas à faire des choses, mais je laisse s’exprimer ce qui bouillonne en moi en espérant qu’un bon parfum s’échappe de la marmite que je suis. Parfois certaines recettes prennent mieux que d’autres, et puis il y a un tout pour toute chose, comme dit l'Ecclésiaste… une saison où une tartiflette passe mieux et une autre où une bonne salade composée est bien plus agréable. 

5. À travers votre engagement au sein d’InterFilm et votre participation à des Jurys œcuméniques de Festival ou la coordination de celui de Cannes, vous portez un regard particulier sur les œuvres. Qu’est-ce que le cinéma révèle, selon vous, de nos quêtes profondes ?

J’aime à rappeler que les films sont pour moi les paraboles pour notre temps. Ils sont une fenêtre ouverte sur le monde et là apparaissent ses joies, ses peurs, ses questionnements, ses besoins ou attentes... Quand Jésus parlait lui-même en paraboles, il mettait de côté la dimension religieuse en racontant des histoire connectées au quotidien de ceux qui l’écoutaient, à la façon d’un scénariste ou d’un réalisateur. Et il disait : “que celui qui a des oreilles pour entendre, entende…”. Le cinéma aujourd’hui offre à nos yeux et nos oreilles des moyens de voir et d’entendre, et à notre cœur et notre esprit des moyens d’aimer et de prier. 

6. Dans les soirées ciné-débat que nous animons ensemble, il y a cette volonté de faire dialoguer films, foi et expérience humaine. Qu’est-ce que vous aimez particulièrement dans ces moments d’échange avec le public ?

C’est d’abord voir l’impact d’un film sur les spectateurs… le silence qui suit quand la lumière se rallume et la difficulté, le plus souvent, d’exprimer même la plus simple émotion. Je parle bien sûr là de films qui laissent des traces mais, généralement, ceux que nous choisissons sont de cette catégorie. Et puis vient le grand bonheur de l’échange, de la discussion, d’une sorte de mise en commun de nos ressentis, de ce que nos oreilles ont pu entendre et nos yeux ont pu voir. La plus grande richesse est alors là dans ce qui se co-construit en étant  ensemble, dans le respect de toutes et tous en en parlant simplement.


En tant qu’éditeur, nous sommes vraiment heureux et fiers de vous compter parmi nos auteurs. Nous apprécions profondément votre regard à la fois sain, juste et équilibré sur la vie, ainsi que cette manière que vous avez de rejoindre chacun avec simplicité et douceur. Nous sommes convaincus que cette approche permet de toucher un public très large, bien au-delà des cercles habituels. Il y a une vraie cohérence entre votre démarche et l’esprit de notre maison d’édition, et c’est une joie pour nous de cheminer ensemble.

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