Des détenus sur le chemin de Compostelle

Des détenus sur le chemin de Compostelle

May 12, 2026

Des détenus sur le chemin de Compostelle : «Avec peu de moyens et l'audace d'espérer, on peut vaincre la récidive !»

Aumônier de prison, Bruno Lachnitt a organisé pendant huit ans, pour des personnes détenues de la maison d’arrêt de Lyon, des marches sur le chemin de Saint-Jacques : 200 km en 10 jours, du Puy-en-Velay à Conques. Une magnifique aventure qu’il évoque dans un livre qui vient de paraître. Rencontre.

Avant d'organiser ces marches de rupture, vous avez eu diverses expériences dans l'Église. Pouvez-vous les résumer ?

Très jeune, j'ai vécu une expérience de vie monastique, puis effectué un premier cycle de séminaire et une période de volontariat avec ATD Quart-Monde. Je suis alors entré dans la vie religieuse chez les jésuites, où j'ai passé neuf ans (dont quatre ans en usine), avant de quitter cet ordre et de me marier. Après dix ans de mariage, j'ai été appelé au diaconat, et j'ai été ordonné diacre il y a vingt ans.

Comment avez-vous connu le chemin de Saint-Jacques et qu'est-ce qui vous a donné l'idée de partager cette aventure avec des personnes détenues ?

C'est le film Saint-Jacques… La Mecque, de Coline Serreau, qui m'a donné envie de tenter l'aventure en famille. Pendant huit ans, nous avons marché, par tronçons, entre Cluny et Saint-Jacques-de-Compostelle. Ce pèlerinage terminé, l'idée m'est venue de permettre à des détenus que je visitais en prison de leur faire découvrir ce chemin. Encore fallait-il lever les nombreux obstacles à un tel projet !

Comment s'est passée la sélection des candidats ?

Ce choix reposait d'abord sur les relations vécues en amont, lors de visites en cellule. Le critère principal étant l'envie de tourner la page, il fallait que ces personnes m'aient laissé entrevoir le meilleur d'eux-mêmes : un levier sur lequel je pourrais m'appuyer pour leur faire confiance, sans naïveté mais avec audace. Ensuite, un mois avant le départ, je devais vérifier leur capacité à marcher au long cours au cours d'une « permission-test ».

Quelles étaient les conditions de cette marche ?

Effectuer 200 km entre Le Puy-en-Velay et Conques, sac sur le dos, sans voiture balai, et ensemble : si l'un d'eux abandonnait, tout le monde rentrait à la prison. Un jour, l'un des participants à ces marches a lancé : « On est comme les mousquetaires : un pour tous, tous pour un ! »

La dimension collective était donc importante mais pas évidente, entre des personnes qui ne se connaissent pas toujours au départ, ne s'étaient pas choisies, et avaient des âges différents : en huit ans, j'ai accompagné 34 personnes qui avaient entre 26 et 62 ans.

Lire l'article sur le site Le Pèlerin

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